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A la recherche de mes origines celtiques

Blog

A la recherche de mes origines celtiques

Solène Le Roux

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Avec mon dernier modèle, le Châle Celtic Maze, je suis partie à la recherche de mes origines celtiques et j’avais envie de vous raconter un peu mon cheminement.

J’ai grandi près de Rennes, toute ma famille vient du Finistère et j’ai toujours eu des problèmes à articuler ma propre identité bretonne. Les raisons pour cela sont familiales d’un côté car mes grands-parents utilisaient la langue bretonne, que je n’ai jamais apprise, comme une langue d’exclusion, la langue qu’on utilise quand on ne veut pas être compris des autres. Et aussi nationales car la langue et la culture bretonne, comme toutes les autres formes de régionalisme ont été effacées par l’état français jusque dans les années 50, avec beaucoup de violence, pour prôner l’idée d’unité. Mes grands-parents ont été très violemment punis à l’école quand ils parlaient breton (leur langue maternelle) et il y a donc eu une perte de transmission, c’est devenu une langue et une culture honteuse. Cette culture ne s’est pas perdue pour autant, elle perdure mais d’une manière re-créée à laquelle j’ai toujours eu du mal à m’identifier. En vérité, je me suis souvent sentie comme pas assez bretonne. J’avais des amies qui allaient à des Fest Noz tous les week-ends et moi je ne savais pas danser les danses bretonnes, je n’aimais pas le kouign amann, et pire du pire, j’étais née à Paris (on est revenus en Bretagne à mes 3 ans). En même temps, toute ma famille venait du Finistère, et je n’avais pas d’autre culture locale à laquelle me rattacher. Ce régionalisme culturel s’est imposé à moi comme une forme de réjection semblable à celle de mes grands-parents avec leur langue bretonne inaccessible.

Et puis ces derniers temps, en me posant et réfléchissant sur le sens de mon identité bretonne, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de mal à ce que mon identité soit une re-création, mais que cette forme devait aussi m’être personnelle pour la détacher de mon histoire familiale et des formes institutionnelles de régionalisme. Ma sœur, pour explorer son identité bretonne et celtique s’est mise à étudier le nationalisme irlandais. Elle a appris le gaëlique (à défaut du breton) et vit maintenant à Limerick où elle fait une thèse sur les figures du nationalisme. Ce qu’elle ne pouvait pas faire en Bretagne, cette recherche d’identité, elle le trouve dans un ailleurs proche. Et en en discutant avec elle, on s’est rendu compte que ma recherche était finalement assez semblable. On a toutes les deux ce besoin de nous réapproprier nos origines de manière personnelle. Elle est chercheuse, alors elle s’est mise à étudier, explorer les sources, théoriser. Je suis artiste alors j’ai pris mes aiguilles et ma laine.

Quand j’ai tricoté les laines de Bouclelaine (petite marque de laine bretonne qui revalorise les toisons locales, voir mon article ici), je me suis rendu compte à quel point ça me faisait du bien de toucher de nouveau à mes origines à travers mon art. De sortir du cadre familial et officiel qui m’enfermait pour trouver ma manière propre de toucher à mon identité bretonne. Ma famille est d’origine rurale donc ça fait beaucoup de sens pour moi de redécouvrir les fibres de moutons locaux.

Avec Celtic Maze, j’ai eu envie de partir à la recherche des motifs. Cette recherche de motifs celte, elle m’accompagne depuis très longtemps. Adolescente, je reproduisais beaucoup de lettrines enluminées, et c’étaient toujours les lettrines celtes, pleines d’entrelacs et d’animaux fantastiques qui me fascinaient le plus. J’ai toujours été une grande fan de l’art celte de l’âge de fer, que j’ai redécouvert ensuite pendant mes études. Mon père était un grand amateur de pierres, et je ne sais pas combien de menhir, dolmen, tumulus, cairn on a visité pendant mon enfance, mais dès qu’il en apercevait un sur la carte il fallait s’arrêter sur le bord de la route et partir à travers champs à sa découverte. 

C’est drôle comme cette culture et ces origines lointaines, romancés pour les livres d’histoires, nous étaient accessibles alors que la culture plus proche : la langue bretonne de mes grands-parents, les costumes de bigouden, le folklore et les fêtes de village ont toujours eu pour moi un effet d’attraction/répulsion. Comme quelque chose dont je ne pouvais pas faire partie. 

C’est pour ça que le motif du labyrinthe celte m’a particulièrement séduite. Parce qu’il représente bien le cheminement difficile, complexe de mon identité bretonne. Parce que j’avais besoin de retourner vers mon centre, de réfléchir à ce que cette identité signifie pour moi, de me la réapproprier personnellement à travers mon art, mes couleurs et mes mailles avant de ressortir et me tourner de nouveau vers le monde. C’est donc un voyage introspectif et très personnel que je vous propose avec ce modèle.

Si je voulais vous raconter tout ça, c’est parce que je crois fermement que le tricot a un vrai pouvoir bénéfique pour chacune et chacun d’entre nous dans la recherche de son identité. Quand on fabrique quelque chose de nos mains, chaque maille qu’on tricote tisse un lien entre nous et notre histoire propre, mais aussi entre nous et les autres quand on partage ça ensemble. 

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